Une échappée dans le Bargy
- 31 juil. 2018
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Dernière mise à jour : 23 janv.
Haute-Savoie
31 Juillet 2018
La Haute-Savoie nous offre de nombreux massifs aux charmes tous plus irrésistibles les uns que les autres. Parmi eux, la chaîne du Bargy, dans le massif des Bornes. Une chaine fascinante, entre Cluses, la vallée du Borne, et les Aravis, dominée par la Pointe Blanche à 2438m.
C’est aussi une région qui accueille quelques charmants petits lacs. Et c’est l’un d’eux qui sera ma destination du jour.
Le lac de Lessy, non loin du pic du Jallouvre, est surveillé par le Buclon (2072m) et l’aiguille Verte (2045m, pas celle de Chamonix !).
Direction le Chinaillon, au-dessus du Grand-Bornand. La température est chaude même en montagne, pour ce dernier jour de Juillet.
Je sors le matériel de ma voiture, tente, sac de couchage, l’eau, le casse-croute, et bien entendu, mon matos photo.
Je quitte le parking et m’engage sur une route forestière qui s’élève au-dessus des habitations situées en balcon du Chinaillon.
Très vite, j’atteins les premières prairies alpines, accueilli par le son des sonnailles. Je ne suis pas familier avec ce versant du Bargy, mais le sentier est bien fléché et mon itinéraire est évident.
Je croise quelques randonneurs qui terminent leur journée alors que moi j’entame la mienne dans cette fin d’après-midi.

Les paysages sont de toute beauté. Le sentier en balcon m’offre un panorama sur la chaîne des Aravis. Je me sens chez moi, tous ces sommets séduisent mon regard. La Pointe percée, Pointe de Bella Cha, Mont Charvet, Combe des Verts, Pointe de Chombas, plus près de moi la Pointe de l’Almet.

Je poursuis mon ascension, au milieu de l’alpage, les senteurs des prairies m’envahissent. Par moment quelques cris de marmottes me surprennent.
J’arrive au croisement des chemins de l’Aiguille verte et du Roc des Tours. Ce dernier s’enfile dans un dédale de rochers austères qui tranche avec les pentes engazonnées et abruptes de l’Aiguille Verte.
Je continue la montée vers l’aiguille. La pente devient plus soutenue et le sommet approche.
Le plan de ce soir est de trouver à proximité de ce sommet, un terrain à peu près plat pour y installer mon bivouac, mais elle porte bien son nom d’aiguille et je deviens inquiet en voyant les pentes raides, on ne peut moins, appropriées pour une tente aussi discrète soit-elle.

Néanmoins, je finis par trouver à une bonne centaine de mètres du sommet, un replat de quelques mètres carrés garnis d’une végétation assez haute, composée entre autres d’orties.
Un endroit parfait pour monter ma tente.
La soirée se passe bien hormis de nombreuses formations de cumulus assez denses vers les Alpes italiennes.
Je pars vers le sommet de l’Aiguille Verte avec mon appareil. Elle porte décidément bien son nom. Les derniers mètres sont vraiment escarpés. La plateforme sommitale fait quelques mètres carrés tout au plus. Mais le paysage à 360° qui se dévoile devant moi est somptueux.

Je reste quelques longues minutes en haut, pour savourer cette ambiance. C’est devenu un rituel pour moi. Regarder, admirer, se vider l’esprit, laisser s’envoler les soucis, m’imprégner de la puissance de la montagne, comme rempli d’un sentiment de domination, apaisé, serein. J’ai parfois l’impression de voler comme ces chocards à bec jaune qui lancent leurs cris stridents.
Les lumières s’évanouissent au terme de la journée et les belles teintes colorient les dalles de calcaire. Le ciel se pare de voiles rosés, et le lac de Lessy tout en bas, plonge bientôt dans l’obscurité.

Je regagne mon hébergement du soir et entame le repas.
Mais de plus en plus de bourgeonnements de cumulo-nimbus apparaissent sur les hautes montagnes de Chamonix et de l’Italie. L’activité orageuse s’intensifie et se rapproche.
Je me rappelle cette plaque aperçue en haut de l’aiguille qui rendait hommage à 2 randonneurs foudroyés à cet endroit il y a quelques années.
Par chance j’ai du réseau, ce qui me permet de consulter mes sites météo. Un passage pluvio-orageux devrait venir frôler mon coin ce qui ne m’enchante que modérément.
La décision est dure à prendre mais la sagesse l’emporte, je replie ma tente, range mes affaires puis lève le camp alors que le crépuscule digère les dernières lueurs.
La descente se fait évidemment à la frontale, mais ne connaissant pas encore parfaitement le lieu, je ne manque pas de m’égarer sur un sentier erroné. Mais une fois de plus, les nouvelles technologies m’apportent une aide considérable, cartes et Gps à l’appui, je finis par retrouver le parking à une heure bien tardive. Une leçon à tirer de cela : toujours penser qu’un chemin que l’on connait peu, est toujours plus délicat à suivre une fois la nuit tombée !
Savoir renoncer est aussi une option qui doit faire partie de la sortie lorsque les éléments nous envoient des signaux. Ce soir-là, point d’orage il n’y aura eu, mais je suis tout de même très heureux de cette balade, et encore plus d’avoir fait un choix prudent et raisonnable.
Ce n’est que partie remise et j’ai déjà repéré un autre endroit autour du lac de Lessy où le bivouac y sera plus confortable.




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